Disque dur en panne : il clique et ne démarre plus

Disque dur en panne mécanique : les 20 pannes les plus fréquentes !

Disque dur en panne : les 20 pannes mécaniques, électromécaniques et électroniques les plus fréquentes

Un disque dur qui clique, ne démarre plus, disparaît du BIOS, se bloque pendant une copie ou devient soudainement extrêmement lent n’a pas nécessairement « une panne de disque dur » au sens générique du terme.

Il peut souffrir d’une surtension électrique, d’une carte électronique endommagée, d’un préamplificateur en court-circuit, d’une tête faible, d’une tête complètement hors service, d’un moteur grippé, de têtes collées aux plateaux, d’un head crash, d’un défaut de Service Area, d’un microprogramme incapable de s’initialiser ou d’une combinaison de plusieurs de ces phénomènes.

Un disque dur moderne est une machine extraordinairement complexe. Sa mécanique doit maintenir plusieurs plateaux à plusieurs milliers de tours par minute pendant que des têtes survolent les surfaces magnétiques à une distance de quelques nanomètres. L’électronique doit piloter simultanément le moteur, l’actionneur des têtes, le préamplificateur, les mémoires et l’interface SATA ou SAS. Enfin, le microprogramme du disque doit charger des données adaptatives spécifiques à cette unité, lire ses zones système et construire les structures permettant de traduire une adresse LBA demandée par l’ordinateur en position physique sur les plateaux.

C’est la raison pour laquelle deux disques affichant exactement le même symptôme peuvent demander des procédures complètement différentes.

ACE Laboratory, fabricant de PC-3000, recommande d’ailleurs de commencer par le contexte de la panne, le bruit, l’état de la PCB, la consommation électrique, l’état des registres ATA, l’identification du disque et seulement ensuite les tests de lecture. Une mauvaise séquence de diagnostic peut faire perdre du temps et, dans certains cas mécaniques, aggraver définitivement les dommages.

Source — ACE Lab, Basic HDD Diagnostics Procedure :
https://blog.acelab.eu.com/basic-hdd-diagnostics-procedure.html


1. Surtension, mauvaise alimentation, diode TVS ou fusible détruit

C’est une des pannes électroniques les plus spectaculaires : le disque fonctionnait normalement, puis après un changement d’alimentation, une surtension ou l’utilisation d’un mauvais câble d’alimentation modulaire, il ne tourne plus du tout.

Les lignes 5 V et 12 V d’un disque sont protégées par différents composants. Une surtension peut faire entrer une diode TVS en court-circuit, ouvrir un fusible, détruire le contrôleur moteur ou propager les dégâts jusque dans le préamplificateur situé à l’intérieur du disque.

Illustration d’une carte électronique de disque dur endommagée après surtension. Une panne d’alimentation peut affecter la diode TVS, le contrôleur moteur, les régulateurs et parfois le préamplificateur situé à l’intérieur du disque.

Le premier piège consiste à penser : « le disque ne tourne plus, donc la carte électronique est morte ; il suffit de la remplacer ».

Sur les disques récents, ce raisonnement est insuffisant.

Il faut notamment vérifier les diodes TVS, les fusibles, la résistance des lignes d’alimentation, le contrôleur moteur, la génération des tensions internes, l’éventuel court-circuit du preamp et la ROM originale.

Exemple pédagogique d’un fusible de protection sur une PCB de disque dur. Un composant ouvert peut rendre le disque totalement silencieux alors que les plateaux et les données sont encore intacts.

Un cas HDD Guru particulièrement parlant concerne un disque victime d’un câble d’alimentation modulaire incorrect. L’analyse montre qu’une tension de 12 V a été appliquée sur une ligne 5 V, avec destruction probable du contrôleur moteur et possibilité de dommages du preamp.

Source — HDD Guru, Hard Drive Burned :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?f=1&t=43980

La réparation peut donc passer d’une simple protection électrique à une opération combinant remplacement PCB, transfert de ROM et remplacement des têtes si le préamplificateur a également été détruit.


2. Contrôleur moteur, régulateurs ou tensions internes de la PCB défectueux

Une PCB peut sembler intacte visuellement tout en produisant des tensions incorrectes.

Le contrôleur VCM/moteur doit piloter la rotation des plateaux ainsi que différents circuits internes. Autour de lui, résistances de mesure, inductances, convertisseurs DC/DC et autres composants produisent les tensions nécessaires au MCU, à la RAM et au préamplificateur.

Une tension légèrement trop basse peut provoquer des symptômes particulièrement difficiles à interpréter : timeouts, disque qui redémarre, clics, arrêts cycliques, secteurs illisibles ou comportement instable.

Un excellent cas pratique est celui des WD800JD-75MSA3. Un membre expérimenté de HDD Guru décrit une défaillance récurrente de certaines résistances et du contrôleur moteur. Selon le composant dégradé, les symptômes peuvent aller du simple timeout à un disque qui démarre, clique trois fois, s’arrête puis recommence.

Source — HDD Guru, Experiences from fixing many WD800JD drives :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?t=42551

Pour un laboratoire, ce type de panne nécessite un diagnostic électronique réel, pas seulement un échange de carte.


3. Corrosion, oxydation et mauvais contacts entre PCB et bloc de têtes

L’humidité, la corrosion ou simplement l’oxydation des contacts peuvent provoquer des défauts surprenants.

La PCB communique avec le Head Stack Assembly par des contacts métalliques. Si ces contacts deviennent résistifs, les signaux provenant du préamplificateur peuvent être perturbés.

Selon le degré d’oxydation, le disque peut ne pas initialiser ses têtes, cliquer, rester BSY, présenter des erreurs de lecture ou perdre son identification.

ACE Lab recommande explicitement, lors de l’inspection initiale, de vérifier les contacts HSA et les traces de corrosion, de liquide, de brûlure ou de travaux antérieurs sur la PCB.

Source — ACE Lab, Basic HDD Diagnostics Procedure :
https://blog.acelab.eu.com/basic-hdd-diagnostics-procedure.html

Cette étape paraît élémentaire, mais elle évite parfois des heures de diagnostic inutile.


4. PCB incompatible ou ROM et paramètres adaptatifs impossibles à transférer simplement

Sur de nombreux disques modernes, acheter une PCB portant exactement le même numéro de carte ne suffit pas.

La ROM peut contenir des paramètres propres au disque : head map, adaptatifs, microjogs, paramètres du preamp, informations de calibration, configuration des surfaces et autres données nécessaires au démarrage.

Illustration d’une mémoire ROM sur une carte Western Digital. Les données adaptatives qu’elle contient peuvent être uniques au disque patient et doivent souvent être sauvegardées ou transférées avant le remplacement de la PCB.

ACE Lab explique que, sur les WD Marvell, une mauvaise ROM ou une ROM non originale peut provoquer clics et incapacité à initialiser correctement le disque. La procédure professionnelle consiste généralement à préserver ou reconstruire les informations adaptatives du patient.

Source — ACE Lab, How to find out the problems in WD Marvell drives :
https://blog.acelab.eu.com/pc-3000-hdd-how-to-find-out-the-problems-in-wd-marvell-drives

Sur le terrain, cela signifie qu’une PCB donneuse peut faire tourner le moteur tout en empêchant complètement l’accès aux données.

C’est pourquoi un laboratoire commence normalement par sauvegarder la ROM originale dès que cela est possible.


5. Préamplificateur des têtes en court-circuit

Le préamplificateur est situé directement sur le Head Stack Assembly, à l’intérieur du disque.

Il amplifie les signaux extrêmement faibles provenant des têtes.

Lorsqu’il est endommagé, il peut provoquer absence d’initialisation, clics, arrêt du moteur, surcharge d’une alimentation ou destruction d’une PCB donneuse.

Ce dernier point est particulièrement important : connecter une nouvelle carte sans diagnostiquer le preamp peut parfois détruire la carte de remplacement.

Source — HDD Guru, WD HDD still clicking after PCB change :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?f=1&t=28445

Avant de sacrifier plusieurs PCB, un professionnel peut isoler électriquement l’interface HSA ou comparer les résistances des alimentations du preamp avec un donneur sain.

Lorsque le preamp est réellement détruit, une intervention sur le bloc de têtes devient généralement nécessaire.


6. Bobinage du moteur ouvert ou en court-circuit

Le spindle motor est un moteur brushless multiphasé.

ACE Lab recommande de comparer la résistance entre les phases. Des résistances très différentes, proches de zéro ou au contraire ouvertes indiquent un problème de bobinage.

Moteur de broche ou spindle d’un disque dur. Le diagnostic peut inclure la mesure des bobinages, de la consommation électrique et de la stabilité de la rotation.

Source — ACE Lab, Basic HDD Diagnostics Procedure :
https://blog.acelab.eu.com/basic-hdd-diagnostics-procedure.html

Le disque ne démarre alors pas même avec une PCB fonctionnelle.

Selon l’architecture, cela peut nécessiter remplacement du spindle, transfert du pack de plateaux ou transplantation dans un châssis donneur.


7. Moteur ou palier de broche grippé

Un moteur peut être électriquement correct mais mécaniquement bloqué.

Le disque émet alors souvent un bourdonnement, des vibrations ou de petits « bips », sans parvenir à atteindre sa vitesse nominale.

La récupération traditionnelle d’un spindle bloqué peut nécessiter un transfert de plateaux vers un châssis donneur. Certains outils spécialisés permettent, sur des modèles compatibles, d’intervenir sur le roulement afin de réduire les risques liés au déplacement de toute la pile de plateaux.

Source — HDD Surgery, Spindle Replacement Tools :
https://hddsurgery.com/index.php/spindle-replacement-tools

Ce type de récupération est difficile parce que les plateaux doivent rester parfaitement centrés, parallèles, correctement espacés et dans une géométrie exploitable par les têtes.


8. Moteur qui tourne mais n’atteint pas correctement sa vitesse

Un disque qui « tourne » n’a pas nécessairement un moteur sain.

Une friction excessive au niveau du palier peut empêcher le disque d’atteindre sa vitesse nominale ou la rendre instable.

Le firmware attend une synchronisation très précise des informations servo. Une variation mécanique relativement faible peut suffire à empêcher l’initialisation.

Le technicien peut observer une montée trop lente en régime, une consommation anormale, des resets ou une impossibilité de calibrer correctement les têtes.

ACE Lab montre que l’analyse de la consommation électrique avec PC-3000 peut aider à distinguer différents comportements de moteur et de têtes.

Source — ACE Lab, PC-3000 Power Monitor examples :
https://blog.acelab.eu.com/pc-3000-pc-3000-express-new-revision.html


9. Têtes collées aux plateaux : la stiction

Après un choc ou un arrêt anormal, les têtes peuvent rester sur la surface au lieu de revenir sur la rampe de parking.

Les sliders adhèrent alors au plateau.

Le moteur essaie de tourner mais n’a pas suffisamment de couple pour vaincre cette adhérence.

Le disque produit souvent un bourdonnement ou plusieurs petites impulsions.

Des outils spécifiques permettent de séparer les têtes du plateau et de les replacer sur la rampe sans les faire glisser brutalement sur la couche magnétique.

Source — ACE Lab, Specific tools for HDD data recovery :
https://blog.acelab.eu.com/specific-tools-for-hdd-data-recovery.html

Un cas concret concerne un WD20EFRX. Le propriétaire suspectait la PCB, mais les spécialistes ont identifié le bruit comme beaucoup plus compatible avec une stiction.

Source — HDD Guru, WD20EFRX buzzing / stiction :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?f=1&t=38667

La pire chose à faire est souvent de répéter les cycles marche/arrêt en espérant que les plateaux « finissent par partir ».


10. Tête faible : le disque lit, mais de plus en plus mal

Une tête peut être suffisamment fonctionnelle pour permettre l’identification du disque, mais trop faible pour maintenir une lecture fiable.

C’est une panne très fréquente et particulièrement trompeuse.

Windows peut voir le disque, les dossiers peuvent apparaître, quelques fichiers peuvent être copiés, puis la vitesse chute brutalement et certains secteurs commencent à retourner des erreurs UNC.

ACE Lab donne notamment l’exemple d’un Seagate ST2000DM001 Grenada dont une tête faible augmente les délais de lecture et provoque des zones de secteurs difficiles.

Source — ACE Lab, PC-3000 Power Monitor examples :
https://blog.acelab.eu.com/pc-3000-pc-3000-express-new-revision.html

La procédure professionnelle consiste généralement à construire une head map puis à récupérer en priorité les surfaces servies par les têtes saines.


11. Tête totalement défaillante : clics et perte d’identification

Le fameux « clic de la mort » est souvent associé aux têtes.

Lorsque le disque démarre, la tête tente de lire les informations servo ou certaines zones système. Si elle n’y parvient pas, elle effectue une recalibration et recommence.

Illustration d’un ensemble de têtes de lecture/écriture endommagé. Un choc peut déformer les sliders ou les suspensions et rendre une ou plusieurs surfaces totalement illisibles.

Un WD500BPVT documenté sur HDD Guru présentait clics, ROM lisible, absence du modèle et de la capacité et impossibilité de lire les secteurs.

Source — HDD Guru, WD500BPVT makes the click noise :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?t=29546

Après un remplacement du HSA, il faut encore obtenir une initialisation stable, éventuellement corriger la head map, accéder au SA puis commencer le clonage.


12. Head crash : la tête touche et raye la surface

Le head crash est l’une des pannes les plus graves.

Une tête endommagée ou déplacée entre physiquement en contact avec la couche magnétique.

Illustration d’une rayure sur la surface magnétique. Lorsque la couche d’enregistrement est physiquement détruite, les données situées exactement dans cette zone peuvent devenir définitivement irrécupérables.

ACE Lab montre par exemple un WD3200BEVT Mariner tombé, dont les têtes grattent la surface après mise sous tension.

Source — ACE Lab, PC-3000 examples of mechanical failures :
https://blog.acelab.eu.com/pc-3000-pc-3000-express-new-revision.html

Les conséquences peuvent être exponentielles : la tête touche le plateau, arrache des particules, les particules contaminent les autres têtes et de nouvelles zones sont rayées.

La tête fonctionne normalement à seulement quelques nanomètres de la surface du plateau. Cette distance infime explique pourquoi une poussière, un choc ou une légère déformation peut provoquer un contact destructeur.

C’est une des raisons majeures pour lesquelles un disque tombé ne devrait pas être remis sous tension en boucle.


13. Têtes tordues après un choc

Sur un disque tombé violemment, les bras ou sliders peuvent être physiquement déformés.

Un exemple spectaculaire concerne un Seagate IronWolf Pro ST12000NE0008 de 12 To rempli d’hélium.

HDD Surgery décrit moteur bloqué, plateaux oscillants, têtes complètement déformées, huit plateaux à transférer, seize têtes et reconstruction du head map avant clonage.

Source — HDD Surgery, ST12000NE0008 12 TB mechanical recovery :
https://hddsurgery.com/blog/new-article-1711033927

Voilà ce qui peut réellement se cacher derrière une ligne de devis indiquant simplement « panne mécanique sévère ».


14. Plateau rayé ou surface magnétique détériorée

Lorsqu’une zone de plateau est physiquement détruite, les informations enregistrées à cet endroit ne peuvent pas être recréées.

L’objectif devient donc de récupérer tout ce qui reste autour.

Le problème est que chaque passage d’une tête sur une rayure peut également endommager cette tête.

Un dossier WD30EZRX publié sur HDD Guru illustre une situation où plusieurs jeux de pièces ont successivement cessé de fonctionner pendant les tentatives de récupération.

Source — HDD Guru, WD30EZRX severe platter damage :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?p=168070

C’est une des raisons pour lesquelles une récupération sévère peut nécessiter plusieurs donneurs.


15. Informations servo endommagées

Les plateaux ne contiennent pas uniquement les fichiers du client.

Ils comportent également des informations servo indispensables au positionnement précis des têtes.

Si ces informations sont détruites sur une zone, le disque peut perdre sa capacité à suivre correctement les pistes.

Cela provoque recalibrations, clics, secteurs totalement inaccessibles et impossibilité de maintenir une tête sur piste.

Une tête neuve ne peut pas recréer un servo physiquement détruit.

Dans certains cas, le seul choix consiste donc à exclure une surface et à récupérer les données accessibles par les autres têtes.


16. Rampe de parking, actionneur ou bloc de têtes endommagé

L’actionneur déplace le HSA d’une manière extrêmement précise.

Après un choc, les têtes peuvent se coincer sur la rampe, se placer sous la rampe, rester sur le plateau ou ne plus parcourir correctement toute la surface.

Rampe de parking des têtes. Lorsqu’un choc déplace ou bloque l’ensemble de têtes, le moteur peut fonctionner normalement alors que l’accès aux plateaux est impossible.

Le moteur peut donc tourner parfaitement alors que le disque reste totalement incopiable.


17. Désalignement des plateaux, wobble ou dommages du spindle après choc

Sur un disque multi-plateaux, un choc violent peut endommager le spindle ou provoquer une rotation désaxée.

Le cas ST12000NE0008 déjà cité montrait des plateaux présentant du wobble, c’est-à-dire une oscillation anormale.

Source — HDD Surgery, ST12000NE0008 12 TB mechanical recovery :
https://hddsurgery.com/blog/new-article-1711033927

Sur une pile de huit plateaux, il faut préserver ordre, orientation, centrage, espacement et géométrie.

La précision nécessaire explique pourquoi un transfert de plateaux ne peut pas être comparé au simple remplacement d’un composant informatique.


18. Poussière, liquide, incendie ou contamination interne

Un disque ouvert sur une table ne reste pas propre simplement parce que l’on ne voit pas de poussière à l’œil nu.

À l’échelle de la distance entre la tête et le plateau, une particule microscopique peut devenir un obstacle considérable.

Une contamination peut nécessiter démontage, inspection au microscope, nettoyage contrôlé, plusieurs changements de têtes et clonage extrêmement prudent.

Illustration d’un disque dur rempli d’hélium. Les modèles haute capacité imposent des contraintes mécaniques et d’étanchéité supplémentaires lors d’une intervention physique.

HDD Surgery décrit des procédures spécifiques sur les WD/HGST hélium haute capacité avec remplacement de têtes, platter swap, firmware et clonage par head map.

Source — HDD Surgery, WD/HGST Helium Data Recovery :
https://hddsurgery.com/blog/HDDSurgery-Helium-WD-Hitachi-Data%20recovery


Les pannes de microprogramme qui ressemblent à des pannes mécaniques

Les deux catégories suivantes méritent une place dans cet article parce qu’elles n’ont rien à voir avec une suppression de fichiers ou une partition perdue.

Elles concernent le microprogramme nécessaire au fonctionnement physique du disque.


19. Western Digital Slow Responding et Service Area dégradée

Un Western Digital peut tourner normalement, passer READY et afficher son identification tout en nécessitant plusieurs secondes ou plusieurs dizaines de secondes pour exécuter certaines commandes.

ACE Lab décrit ce comportement comme Slow Responding sur certaines générations WD Marvell.

Source — ACE Lab, How to solve the Slow Responding Problem :
https://blog.acelab.eu.com/pc-3000-hdd-how-to-solve-slow-responding-problem.html

Point important : une procédure valable pour une ancienne génération WD ne doit pas être transposée aveuglément aux architectures SpyGlass, Charger, Palmer ou autres générations récentes.

Le technicien doit donc identifier précisément famille, architecture firmware, version de ROM, disposition de la Service Area et type de translator avant toute manipulation.


20. Seagate BSY, DWF, LED errors, Media Cache et firmware F3

Les Seagate F3 peuvent produire une quantité impressionnante de messages diagnostiques :

BSY

DWF

LED:000000CC

LED:000000BD

Media Cache

Diag Err

Le point important est qu’un message n’est pas toujours un diagnostic en soi.

BSY permanent

Un disque restant longtemps en BSY peut souffrir d’un problème de Service Area, de têtes ou de PCB.

Source — ACE Lab, Basic HDD Diagnostics Procedure :
https://blog.acelab.eu.com/basic-hdd-diagnostics-procedure.html

DWF

ACE Lab décrit un état Seagate dans lequel DWF apparaît avec DRD et DSC et provoque l’abandon des commandes ATA.

Source — ACE Lab, How to solve the Device Fault State DWF issue :
https://blog.acelab.eu.com/pc-3000-for-hdd-how-to-solve-the-device-fault-state-dwf-issue.html

LED:000000CC

Ce message correspond à une assertion interne du firmware et se rencontre sur différentes générations F3.

Source — HDD Guru, Seagate LED:000000CC :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?f=7&t=30738

Rosewood et Media Cache

Sur les générations Rosewood A5, AE et AF, le problème devient encore plus délicat.

ACE Lab avertit que certaines commandes classiques utilisées historiquement sur d’anciens Seagate peuvent effacer le Media Cache et entraîner une perte de données.

Source — ACE Lab, Seagate F3 unlocking the Rosewood drives :
https://blog.acelab.eu.com/pc-3000-for-hdd-seagate-f3-unlocking-the-rosewood-drives.html


Comprendre les principaux registres et messages d’erreur PC-3000

Illustration pédagogique des principaux indicateurs rencontrés lors du diagnostic d’un disque dur : BSY, DRD, DSC, ERR, UNC et ABR. Un code isolé ne constitue jamais à lui seul un diagnostic.

BSY

BSY signifie que le disque est occupé.

Un BSY bref au démarrage est normal. Un BSY permanent ou particulièrement long ne l’est pas.

Selon la famille, il peut indiquer SA, têtes, PCB ou processus firmware interne.

DRD

DRD signifie Drive Ready.

Le disque considère qu’il est suffisamment initialisé pour traiter certaines commandes.

DSC

Historiquement Drive Seek Complete.

Il accompagne couramment l’état READY d’un disque correctement initialisé.

ERR

Le bit d’erreur ATA est actif.

Il faut ensuite examiner le registre d’erreur correspondant.

ABR ou ABRT

ABR signifie Command Aborted.

La commande a été refusée ou abandonnée.

Ce code ne signifie donc pas automatiquement « secteur défectueux ».

UNC

UNC signifie Uncorrectable.

Le secteur demandé n’a pas pu être corrigé par l’ECC.

Des milliers d’UNC concentrés sur les zones d’une même tête peuvent orienter le diagnostic vers une tête faible, une surface dégradée ou une contamination.

DWF

DWF signifie Device Fault.

Sur certains Seagate F3, cet état peut provoquer l’abandon des commandes ATA et nécessiter une procédure firmware spécifique.


Exemple de Get Tech Sense et d’accès technologique refusé

Certaines familles récentes peuvent parfaitement s’identifier tout en refusant les commandes technologiques nécessaires au diagnostic du firmware.

Illustration pédagogique d’un retour « Access Denied » lors d’une commande technologique. Un disque peut être reconnu avec son modèle et sa capacité tout en interdisant l’accès à certaines fonctions de diagnostic ou à sa zone système.

Ce type de situation montre encore une fois pourquoi « le disque est reconnu » ne signifie pas que son firmware est entièrement accessible ou que Data Extractor pourra immédiatement le cloner.


Pourquoi une récupération physique se fait par clonage et non par « réparation »

Lorsqu’un HSA a été remplacé ou qu’un firmware a été corrigé temporairement, le disque n’est généralement pas considéré comme réparé.

Il est seulement considéré comme suffisamment fonctionnel pour tenter de récupérer les données.

La priorité devient :

disque patient → image ou disque clone

Le système de fichiers et les fichiers eux-mêmes sont ensuite traités sur cette copie.

Le technicien peut lire par tête, définir des plages prioritaires, sauter rapidement les zones mauvaises, revenir en petits blocs, changer les timeouts et effectuer plusieurs passes.

Ce travail peut représenter beaucoup plus de temps que la réparation initiale.


Pourquoi un disque de 12, 18 ou 22 To coûte beaucoup plus cher à récupérer

Les disques haute capacité cumulent davantage de surfaces, davantage de têtes, parfois de l’hélium, des architectures mécaniques très denses, des firmwares récents et des donneurs beaucoup plus coûteux.

Le cas du Seagate ST12000NE0008 est particulièrement révélateur : huit plateaux et seize têtes ont dû être manipulés avant que le clonage puisse commencer.

Source — HDD Surgery, ST12000NE0008 12 TB mechanical recovery :
https://hddsurgery.com/blog/new-article-1711033927

Le coût d’une récupération n’est donc pas proportionnel au nombre de gigaoctets.

Il dépend principalement de la difficulté technique, du risque et du nombre d’interventions nécessaires.


Pourquoi plusieurs jeux de têtes peuvent être nécessaires

Imaginons un disque dont une surface comporte une rayure circulaire.

Un premier jeu de têtes permet de récupérer les zones saines mais se dégrade sur la rayure.

Un deuxième jeu est utilisé en excluant la mauvaise surface afin de récupérer les autres têtes.

Un troisième peut éventuellement être réservé aux fichiers prioritaires situés dans la zone problématique.

Le dossier WD30EZRX déjà cité montre justement que plusieurs jeux de pièces peuvent être consommés au cours d’une récupération particulièrement sévère.

Source — HDD Guru, WD30EZRX severe platter damage :
https://forum.hddguru.com/viewtopic.php?p=168070


Pourquoi un disque déjà ouvert est plus compliqué

Une ouverture hors environnement propre introduit des contaminants et peut détériorer encore davantage la surface et les têtes.

Un disque arrivé déjà ouvert peut donc nécessiter nettoyage supplémentaire, inspection approfondie, davantage de donneurs et davantage de temps de salle propre.


Ce que signifie réellement « panne mécanique » sur un devis ChronoDisk

Une récupération complexe peut demander :

  • inspection extérieure et électronique ;
  • analyse de la consommation ;
  • sauvegarde de la ROM ;
  • sauvegarde des ressources firmware ;
  • recherche d’un donneur compatible ;
  • remplacement de PCB ;
  • transfert de ROM ;
  • intervention sur le bloc de têtes ;
  • déblocage de têtes collées ;
  • intervention moteur ou plateaux ;
  • modification temporaire du firmware ;
  • création d’une head map ;
  • clonage en plusieurs passes ;
  • plusieurs donneurs ;
  • récupération logique finale sur l’image.

Environnement professionnel de récupération chez Chronodisk : 3 plates-formes de diagnostic (PC-3000, Deepsar et Salvation Data), disque ouvert dans un environnement contrôlé et clonage du support patient vers un support sain.

C’est ce cumul qui explique qu’une récupération puisse prendre quelques heures dans un cas relativement simple et plusieurs jours dans un dossier complexe.


Conclusion

La récupération de données sur un disque dur physiquement endommagé n’est pas comparable à la réparation d’un ordinateur classique.

Lorsqu’un composant d’ordinateur est défectueux, on le remplace.

Mais lorsqu’un disque contient des données uniques qui n’existent nulle part ailleurs, les plateaux du disque patient sont irremplaçables.

Tout le travail du laboratoire consiste donc à maintenir ou reconstruire temporairement suffisamment de fonctions autour de ces plateaux pour pouvoir les lire.

Parfois cela signifie réparer une PCB.

Parfois transférer une ROM.

Parfois remplacer les têtes.

Parfois utiliser plusieurs disques donneurs.

Parfois intervenir sur un moteur bloqué.

Parfois contourner une surface.

Parfois travailler plusieurs jours uniquement sur le clonage.

Et lorsque la couche magnétique elle-même a été détruite, certaines données peuvent physiquement ne plus exister.

C’est toute cette réalité technique qui se cache derrière trois expressions relativement simples :

panne électronique, panne électromécanique et panne mécanique de disque dur.